House by the Lake

Un mur en guise de ligne directrice, un toit pour se protéger et le lac comme compagnon de paysage. Maison au bord de l'eau, celle-ci se profile comme un modèle d'intégration à son environnement terrestre, aérien et maritime.

Un dessin valant mieux qu'un long discours, cette histoire pourrait commencer par une simple ligne. Un mur en terre cuite dont la trajectoire dessine le terrain, épouse le paysage et traverse la propriété de part en part.

Muret de bordure, délimitant ici les courbures du chemin, là un aménagement en talutage, il grandit à mesure qu'on s'approche de la maison pour se transformer en mur de soutènement. Souvent, le mur est une réalité qu'on essaie de cacher, simple support de façade. Il se déploie ici dans toute sa nécessité constructive, tout à la fois fil rouge, rempart, espace d'exposition...

Entre celui-ci et le toit, une fente qui semble une meurtrière horizontale fait se croiser la lumière venant de l'extérieur, et le regard intérieur. L'art de voir sans être vu. Une fois la maison traversée, la hauteur du dit mur rapetisse de même pour se conformer aux réalités paysagères et accompagner le chemin jusqu'au bord du lac.

 

Vue depuis l'arrière, les voisins font face à une bâtisse borgne quand l'avant de la maison s'ouvre au lac avec les seuls bateaux du Léman et les montagnes d'en face comme vis-à-vis. Ici et là, les aménagements paysagers ont été conçus pour renforcer ces effets de masque et de privacité tout en respectant au mieux l'esthétique des lieux. Percée de généreuses baies vitrées, encadrées de structures sur mesures en chêne qui intègrent un ingénieux système de moustiquaires, la « Maison au bord du Lac » est orientée de manière à se protéger du sèchard qui se transforme en bise, et à aller chercher le soleil.

Vu du ciel, la surface du toit couvre la maison tout entière, et plus encore. Vu du sol, le toit vient offrir une protection aux regards, aux éléments, aux mouvements de terrain. Parce qu'elle est enfoncée dans ledit terrain, et le garage enterré itou, la vue glisse sur ses pentes. Recouvert de tuiles en terre cuite sur ses cinq pans, construit sans faîte dominant, il offre un jeu très formel avec le mur sur lequel il repose. Un ton sur ton de terre cuite, manière de brouiller les repères, tout en se conformant à la tradition locale vaudoise.

 

Côté lac, le toit est traversé d'une terrasse qui dessert les deux chambres de l'étage. Si, en termes de réalité constructive, une maison se caractérise par sa peau et ses os, ici c'est la peau qu'on expose. Et c'est elle qui lui donne son caractère quel que soit le versant auquel on se confronte.

La House by the Lake est une maison pour un couple. D'un côté, on trouve une partie commune avec le séjour et la cuisine, de l'autre un espace plus privatif avec la chambre parentale, un dressing et un bureau d'appoint. En bouts de maison, le séjour et la chambre profitent d'une double hauteur et de larges baies vitrées. À l'étage, deux chambres se tiennent côte-à-côte. À terme, c'est un habitat flexible pouvant révéler de nouvelles typologies en s'adaptant à d'autres réalités familiales. Pour toujours, c'est une forme de repaire qui offrira ses multiples protections, et son ouverture vers l'horizon.

Programme: Réalisation d’une villa individuelle

Lieu: Crans-Près-Celigny, Vaud

Client: Confidentiel

Date: 2016 -

Coût: confidentiel

Statut: En construction

Equipe: Maud Christophe, Alexandra Marantidou, Rémi Soulard, Julien Stringa

Réalisation: Acau

Crédit photo: © Régis Golay / federal-studio.com