Big Field Housing

Un corpus de bâtiments économes dont la texture et les couleurs semblent l'enraciner dans le paysage qui l'entoure. À la manière des sculptures de Chillida.

Après une première étape construite en 2005 avec la volonté de densifier le village de Crans-près-Céligny, le projet Big Field vient naturellement en compléter le dispositif architectural. Là où les premiers bâtiments composaient avec les couleurs et le tissu paysager environnant, cette nouvelle série de trois immeubles de 3 à 4 étages doit composer avec le préexistant. Entretenir un dialogue. Faire le lien entre un début d'urbanisation et une contextualisation encore profondément agricole.

Construit en retrait, direction les champs, Big Field propose du logement plus économe, aux dimensions réduites, pensé pour des personnes célibataires ou des couples avec enfant. Afin de répondre à ces différentes contraintes, il est avant tout question de rationalité et de répétitivité, avec la mise en place de deux typologies d'appartement identiques dans leurs proportions, dans leurs dispositions, dans leurs services. Le principe, ici, est de quatre appartements par cage, chacun agrémenté d’une loggia positionnée en situation d'angle. En raison d'une proximité assez importante, celle-ci permet une extériorité plus intimiste que le balcon, ouvert à tous les vents. Par rapport au bâtiment lui-même, ces loggias ont été travaillées par soustraction, comme si on creusait le bâtiment lui-même afin de lui offrir des infractuosités bienvenues. Accessoirement, elles sont suffisamment grandes pour pouvoir y manger et offrir ainsi une pièce supplémentaire à l'occasion.

Projet d'un quartier élaboré en collaboration avec l'atelier Luscher Architectes, les architectures se répondent. Une question d'écho plus que d'ego. Si la première vague d'immeubles donnait sur rue, ceux-ci sont comme posés sur l'herbe. Réalisés en béton teinté préfabriqué, les bâtiments sont comme des sculptures posés en plein air. En optant pour des variations entre parties brutes et d'autres beaucoup plus précises, on pense aux travaux du Japonais Noguchi, de l'Espagnol Eduardo Chillida. Les garde-corps sont profondément texturés, manière d'en faire ressortir toute la minéralité de l'espace. Et la gamme de couleurs appliquée à l'ensemble des structures bâties s'inspire directement d'un échantillonnage de la terre environnante. On pourrait donc parler pour Big Field d'immeubles littéralement "sortis de terre".

"Réalisés en béton teinté préfabriqué, les bâtiments sont comme des sculptures posés en plein air."

Programme: Logements

Lieu: Crans-Près-Céligny, Vaud

Client: Privé

Date: 2012 -

Coût: 28 mios

Statut: En cours

Equipe: Mélanie Barrault, Sébastien Jeannet, Rémi Soulard, Axelle Mantilleri

Crédit photo: © Régis Golay / federal-studio.com